Le point de vue de l'auteur d'Aid'Orient'


Boussole      De l’utilité du conseil en orientation
  L'orientation est souvent perçue par le grand public comme une situation d'échec.
Alors que les parents souhaiteraient voir leurs enfants poursuivre leurs études, l'invitation à la réflexion sur l'orientation de ceux-ci est souvent perçue comme une menace qui mettrait fin au parcours scolaire.
Les représentations liées à cette situation ne facilitent le travail, ni du jeune qui doit réfléchir à son avenir, ni celui des Conseillers qui l'accompagnent dans cette réflexion.

Dans ce contexte, on parlera de jeunes qui "n'ont pas de problèmes d'orientation" :
   soit ils savent très jeunes ce qu'ils veulent faire ;
   soit leur niveau scolaire leur permet de suivre des études aussi longtemps qu'eux et leurs parents le souhaitent ;
   soit encore, ils ont des aspirations modestes et cohérentes avec de faibles résultats scolaires et le choix qu'ils proposeront alors sera rapidement validé, sans trop d'examen.
Et pourtant, combien de jeunes se trouvent désappointés à la fin de leurs études, même sanctionnées positivement, découvrant alors qu'elles les ont conduits à une profession qui ne leur convient pas vraiment.

 Dans mon approche, tous les jeunes devraient pouvoir bénéficier d'une aide à l'orientation, à la construction du projet professionnel, et pas seulement ceux dont on dit couramment qu'ils "ont un problème d'orientation".
Cette construction devrait être progressive, adaptée à l'âge et à la maturité de l'intéressé.
Ils commenceraient à découvrir "l'univers des métiers" dès l'entrée au collège. Le contenu et la forme des informations mises à leur disposition étant adaptées à ce public.
Ils élaboreraient alors en continu une réflexion sur leur projet professionnel.
L'orientation ne serait plus alors perçue comme "un accident", mais le fruit d'une élaboration progressive.

 C'est dans cette perspective qu'a été élaboré Aid'Orient'.

Boussole      Pourquoi s’intéresser à la psychologie des intérêts ?
 Les intérêts inventoriés constituent une information plus fiable que les intérêts exprimés.
Un inventaire peut permettre d'identifier les intérêts d'un sujet, alors que son expression spontanée, voire même sollicitée, peut s'avérer très pauvre à ce sujet, et saturée par les stéréotypes.
Les intérêts professionnels (inventoriés) d'un individu, constituant des tendances stables ou durables, sont de nature à permettre l'établissement d'un pronostic.

 L'entrée dans la construction du projet professionnel sur la base des intérêts, plutôt que sur celle des aptitudes, est plus motivante pour l'intéressé. Les autres facteurs de l'orientation sont examinés dans un second temps.

 "L'univers des métiers" peut être catégorisé selon les catégories d'intérêts professionnels ; celles-ci constituent alors une interface entre un profil individuel et le monde professionnel.
Si l'on ne peut pas toujours retenir un projet professionnel correspondant aux préférences du candidat, au moins peut-on rejeter les hypothèses correspondant aux catégories d'intérêts les plus fortement rejetées, minimisant ainsi les risques d'insatisfaction et, par conséquent, d'instabilité dans la voie déterminée.

 A défaut de pouvoir faire bénéficier à un large public de "prestations lourdes" d'aide à la construction du projet professionnel, l'inventaire d'intérêts, d'application et d'exploitation relativement rapides, aide à couvrir plus largement les besoins de conseil.

 Enfin, l'expérience a montré que l'application de ce type d'instrument, malgré la réticence généralement rencontrée face aux tests, est bien acceptée par les intéressés.

Boussole      Education des choix ou test d'intérêts ?
 En termes de tendances, on constate que le vocabulaire voit se substituer progressivement le terme de "projet professionnel" à celui "d'orientation" et que les pratiques se situant dans le courant de "l'éducation des choix" s'étendent (même si elles ne bénéficient encore qu'à une trop faible partie du public), alors que l'utilisation des tests en général, dont les tests relatifs aux intérêts professionnels, a régressé, même si certains estiment que l'on observe actuellement un renversement de tendance.

 Cette situation porte-t'elle condamnation des tests en général, de certains d'entre eux, de certaines utilisations, voire de certains utilisateurs, ou d'une assimilation avec les pseudotests ?
La recherche de rationalité présidant à la fois à l'utilisation des inventaires d'intérêts professionnels et aux méthodes d'aide à l'élaboration du projet professionnel, comment pourrait-on contester la présence des premiers dans la "boite à outils" des secondes ?


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